Le collectif qui redonne un avenir professionnel

Agathe, cadre de santé à l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc à Lyon, a bénéficié du dispositif Objectif Parcours Pro de l’association OETH à la suite d’un arrêt maladie de longue durée. Aujourd’hui, elle s’apprête à rejoindre l’institut de formation en soins infirmiers de l’hôpital comme formatrice. Un nouveau départ rendu possible grâce au collectif mobilisé dans le cadre du dispositif.
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OPPRO Agathe

Quand Agathe repense au chemin parcouru, elle mesure tout ce qui a changé en un peu plus d’un an. « Si je n’avais pas croisé ce dispositif, je n’aurais peut-être jamais imaginé reprendre un emploi. Je serais sans doute aujourd’hui en invalidité. Le bénéfice est immense. » Le sourire revenu, Agathe raconte un parcours qu’elle regarde désormais avec fierté.

Quand tout s’arrête

Agathe travaille depuis douze ans à l’hôpital Saint-Joseph Saint-Luc dont trois ans en tant que cadre de santé au laboratoire de biologie médicale quand elle est contrainte de s’arrêter à la suite d’un arrêt maladie de longue durée, qui l’a conduite à réinterroger son parcours et ses perspectives professionnelles. Persuadée qu’elle reprendra rapidement, elle restera finalement près de deux ans en arrêt.

Le déclic avec le médecin du travail

Un an après le début de cet arrêt de travail, le médecin du travail lui parle du dispositif Objectif Parcours Pro. « Je crois qu’il a senti que c’était le bon moment, un mois avant, je n’aurais peut-être pas été réceptive mais je commençais à ressentir l’envie d’un retour au travail sans savoir encore comment ce serait possible ». Au départ pourtant, Agathe hésite. Elle a du mal à se reconnaître dans la notion de handicap : « Le médecin du travail m’a énormément aidée à recontextualiser et à reconsidérer l’approche ». La direction des ressources humaines valide rapidement la mise en place du dispositif. Pour Valérie, adjointe DRH et alors référente handicap, le recours à l’association OETH est une évidence. « J’avais déjà fait appel à plusieurs reprises à ce dispositif pour accompagner des salariés». Autour d’Agathe, les équipes se mettent alors en ordre de marche. « En accord avec le médecin du travail, l’assistante sociale, la direction des soins et la direction des ressources humaines, nous avons sollicité l'association OETH pour activer la démarche ».

Retrouver confiance étape par étape

Alors qu’elle est toujours en arrêt de travail, l’accompagnement débute alors avec Manon, de l’association Ohé Prométhée Isère, prestataire sélectionné par l’association OETH pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Une première réunion rassemble l’ensemble des acteurs afin de poser le cadre et définir les objectifs. Comme l’explique Manon « Toutes les parties se sont d’abord réunies : Agathe, la médecine du travail, la DRH de l’hôpital, Ohé Prométhée. Ensemble nous nous sommes mis d’accord sur les objectifs. Nous avons pu alors entrer dans la phase d’élaboration du projet et l’identification des pistes professionnelles, à l’aide de différents outils, entretiens, questionnaires en ligne... ». Pour Agathe, cette étape marque un vrai tournant. Peu à peu, elle reprend confiance et commence à envisager de nouvelles perspectives. « C’était rassurant et vertigineux à la fois ». Elle garde surtout en mémoire la qualité de l’accompagnement reçu. « J’ai énormément apprécié le positionnement de Manon, à la fois proche et à la bonne distance. Je n’aurais pas pu avancer sans elle mais c’était bien moi qui étais actrice de la réflexion menée. Elle m’a aidée à retrouver confiance en mes capacités et à identifier les métiers vers lesquels je pouvais me projeter ».

Identifier un nouveau métier

Le bilan réalisé fait émerger une évidence : Agathe a une forte appétence pour la transmission et la pédagogie. Une piste se dessine alors naturellement : intégrer l’IFSI (*) de l’hôpital. Pour valider cette orientation, elle réalise deux périodes d’immersion de 28 demi-journées chacune. L’expérience confirme immédiatement son intuition : ce nouveau métier lui correspond. Déjà titulaire d’un master en sciences de l’éducation, elle décide de reprendre une formation afin de consolider son projet. En novembre 2025, elle obtient une attestation d’études universitaires en formation par la simulation en santé.

Un projet qui prend forme

La fin de son arrêt maladie approche. Au même moment, une opportunité se profile : plusieurs départs à l’IFSI ouvrent la perspective d’un poste à partir de juin 2026. En attendant, l’hôpital organise une reprise progressive. « Dans l’entre-deux, nous avons proposé à Agathe un poste de cadre de santé à mi-temps sur des missions transversales entre l’IFSI et la direction des soins », explique Valérie. En parallèle, l’établissement accepte également qu’elle poursuive un diplôme universitaire complémentaire. Toutes les pièces du puzzle s’assemblent progressivement. « Petit à petit, les étapes se sont construites et articulées les unes avec les autres. A chaque fois, j’ai été soutenue par tous les acteurs qui gravitent autour du dispositif ».

Une nouvelle page qui s’écrit

Dans les prochaines semaines, Agathe prendra officiellement un poste à 80 % au sein de l’IFSI. Pour tous ceux qui ont accompagné ce parcours, le bilan est très positif. « Nous nous réjouissons de continuer à travailler avec Agathe au sein de nos équipes », souligne Valérie. Même satisfaction du côté de Manon : « Le dispositif permet de proposer un accompagnement sur-mesure croisé à notre expertise handicap. Agathe a pu trouver un métier adapté à son profil, aux contre-indications médicales et au marché de l’emploi ». Aujourd’hui, la cadre de santé regarde son parcours avec recul et enthousiasme : « Je suis très reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont guidées sur ce chemin du renouveau et aussi envers moi-même : grâce à cet accompagnement, j’ai vaincu mes doutes et me suis prouvée qu’une nouvelle page de ma vie professionnelle pouvait s’écrire ».

(*) Institut de formation en soins infirmiers