« Nous avons pu donner une dimension nouvelle à notre politique Handicap »

Pour structurer sa politique handicap, l’association Arsea, a fait appel à l’association OETH. Laura Fabing, directrice des ressources humaines et Isabelle Monico, responsable RH et référente handicap, nous expliquent comment, avec la Démarche Santé Handicap, une véritable dynamique d’entreprise a pu voir le jour sur le sujet.
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Démarche Santé et Handicap

1/ Où en étiez-vous dans vos actions en faveur du handicap avant de vous engager dans la Démarche Santé Handicap ?

Laura Fabing : Avec 60 établissements et services, répartis en Alsace et dans les Vosges, notre association compte plus de 1600 salariés[1]. Un effectif conséquent et un sujet, le handicap, qui peut potentiellement concerner un certain nombre de nos collaborateurs. En 2022, nous étions légèrement en dessous des 6% de l’obligation de taux d’emploi de personnes en situation de handicap. Notre objectif était de le dépasser et de devenir davantage pro-actifs sur le sujet. Dans le même temps, nos instances représentatives du personnel étaient aussi demandeuses d’aller plus loin sur ces questions.

Isabelle Monico : Avant même d’entrer dans la démarche, nous avions organisé à l’été 2022 une formation de référents handicap. Nous étions 6 à y participer : 3 à la direction des ressources humaines et 3 au sein de la CSSCT [2].  Nous avons ensuite décliné de nouvelles étapes : une sensibilisation au handicap des directions d’établissements et des managers de proximité et la production d’un support de communication interne, validé par le CSE, pour sensibiliser l’ensemble des professionnels sur le handicap au travail et mieux comprendre les acteurs à solliciter en cas de questionnements.

 

2/ Pourquoi avoir choisi de poursuivre vos actions avec la Démarche Santé Handicap, après vos premières initiatives ?

Laura Fabing : Nous avions besoin de mettre en place des process, d’accompagner nos salariés de manière plus opérationnelle et de limiter la désinsertion professionnelle. Nous nous sommes tournés naturellement vers l’association OETH qui nous a proposé la Démarche Santé Handicap pour poursuivre la dynamique amorcée et être plus visible aussi sur le sujet au sein des équipes. Après un audit des initiatives déjà en place, nous avons ensemble défini un plan d’action et notamment la création d’un réseau d’une vingtaine de relais handicap, répartis sur 3 départements, désignés sur la base du volontariat, en complément des référents handicap. Nous souhaitions que le sujet puisse être porté au sein de nos établissements, pas uniquement à partir de référents centralisés au siège. Ces relais sont là pour répondre à tous les collaborateurs qui souhaitent échanger sur le sujet et être guidés dans des démarches éventuelles.

Isabelle Monico :  L’enjeu est de faire vivre ce réseau car ce sont des fonctions nouvelles et nous nous appuyons là aussi sur l’expertise de l’association OETH pour accompagner, sensibiliser et former ces ambassadeurs aux profils variés. Il peut s’agir de représentants du personnel qui ont déjà des mandats, des collaborateurs sensibles au sujet (avec un proche concerné ou eux-mêmes).

 

3/ Quelles actions ont pu être mises en place dans le cadre de la démarche ?

Laura Fabing : Depuis notre entrée dans la Démarche début 2024, nous avons créé un comité de pilotage paritaire comprenant des directions d’établissements et des membres de la CSSCT. Il se réunit 4 fois par an et définit les projets. Nous avons ainsi collecté des témoignages de salariés, décliné des animations (avec des outils proposés par l’association OETH notamment), déployé un serious game de la Ligue contre le cancer, programmé un webinaire de Cap emploi… Nous communiquons chaque trimestre sur une problématique de santé. Les premiers résultats sont là : nous dépassons depuis deux ans le taux d’emploi de 6%. Nous structurons également actuellement une cellule de maintien dans l’emploi, afin de mieux anticiper des situations de rupture professionnelle.

Isabelle Monico : Depuis l’entrée dans la démarche, nous avons pu identifier des besoins supplémentaires de la part de nos salariés en situation de handicap comme des demandes d’aménagements. On observe aussi plus de nouveaux embauchés qui font part de leur RQTH, ce qui était moins le cas avant. La parole sur le sujet se libère.

4/ Où en est aujourd’hui votre démarche et quelles actions poursuivez-vous ?

Isabelle Monico : Nous poursuivons la dynamique, toujours accompagnés de l’association OETH, en vue d’améliorer nos pratiques en matière de recrutement par exemple.  Nous travaillons actuellement sur l’amélioration de notre livret d’accueil et de notre matinée d’intégration afin d’aborder de manière plus claire et précise la politique handicap dans l’organisation. En parallèle, nos relais ont été récemment formés et trouvent progressivement leur marque.

5/ Comment la Démarche Santé Handicap contribue-t-elle à faire évoluer la culture d’entreprise et les pratiques de santé au travail ?

Laura Fabing : Nous souhaitons œuvrer pour plus d’inclusion et que cette politique bénéficie à un maximum de collaborateurs. L’idée est de pouvoir garantir un bien-être au travail, assurer une continuité professionnelle à des salariés qui pourraient être fragilisés, éviter la désinsertion professionnelle, fidéliser nos équipes. Le sujet est un enjeu d’entreprise mais aussi de société. Nous parlons handicap mais aussi plus largement santé au travail avec derrière l’idée de permettre à chacun d’être épanoui dans son poste. Dans notre secteur, où les collaborateurs œuvrent au quotidien auprès des usagers de nos structures, c’est parfois moins naturel pour eux d’entendre parler de leur propre situation de handicap ou encore de leur santé mentale, sujet sur lequel nous nous mobilisons aussi beaucoup. Nous voulons les encourager à faire ce petit pas de côté car, à partir de nos propres situations ou de celles de notre entourage, nous sommes tous concernés.

 

[1] L’association Arsea est organisée autour de trois pôles d’activité : protection de l’enfance, handicap et insertion, développement social.

[2] La Commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), organe du Comité social et économique (CSE)